notation du mouvement
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CONTEXTE QUESTIONS A DAVID RALLEY
 
David Ralley, programmeur en informatique, travaille actuellement entre Paris, pour l'IRCAM, et les Etats-Unis, pour le Département de Danse de Ohio State University, Columbus, Ohio, comme programmeur du logiciel LabanWriter, un éditeur de partition pour la notation Laban.
 
David, comment après des études d'informatique avez-vous été amené à travailler sur des logiciels liés à la musique ou à la danse?

J'étais à la recherche d'un poste qui combine mon intérêt pour les arts et pour la programmation. Après des entretiens avec plusieurs entreprises j'ai réalisé que de développer seul un logiciel serait une première expérience idéale. Dans de grandes organisations on est développeur de portions de grand logiciel, on est le maillon d'une chaîne. Avec LabanWriter j'ai eu la chance de tout développer, de l'interface à l'icône, du format de fichier aux éléments de menu.
 
LabanWriter existe grâce à Lucy Venable – experte en notation qui dirige le projet depuis le début, et les programmeurs qui ont travaillé sur les différentes versions du logiciel. Comment travaillez-vous ensemble?

Au début Lucy a pris le temps de m'initier à la notation et à ces signes. Avec cette connaissance et le modèle de la version précédente de LabanWriter j'ai conçu une nouvelle interface, en essayant d'avoir un minimum de signes, bien organisés.
Lucy me fait confiance pour utiliser les ressources de l'ordinateur, et je lui fais confiance pour me dire si une proposition de "design" fonctionne ou pas.
Ainsi, après avoir utilisé la fonction "glisser-déposer" pour déplacer des symboles, j'ai suggéré que nous utilisions ce système pour dupliquer des symboles (en utilisant la touche "contrôle" enfoncée pendant que l'on glisse le symbole), une fonctionnalité classique du système Macintosh. Lucy n'avait pas imaginé que cela soit possible mais a tout de suite été conquise par ce fonctionnement.
A l'opposé j'avais conçu une "palette" pour les signes du corps qui ne comprenait que les signes de la moitié droite du corps, obligeant les utilisateurs à "retourner" les signes de la partie gauche. Cela permettait de diviser par deux le nombre de signes sur la palette. Lucy a essayé cette option, mais a conclu qu'il était plus important d'avoir tous les signes du corps à disposition plutôt qu'une palette réduite.
 

Votre équipe est très à l'écoute des demandes des utilisateurs. Comment faites-vous évoluer le logiciel en fonction de ces demandes?
Lucy a une très bonne organisation. Elle garde note sur des calepins des demandes et problèmes que les utilisateurs du monde entier lui envoient. Nous regardons ensemble les suggestions pour estimer leurs pertinences et le temps que cela demanderait de les introduire dans le programme. Certaines demandes sont immédiatement traitées, d'autres attendent sur notre liste.
Je m'informe aussi directement auprès des utilisateurs. C'est souvent par un contact direct qu'un bug m'est démontré, ou que de nouvelles idées me sont proposées. Et souvent les fonctionnalités que les utilisateurs aimeraient avoir sont là mais ils ne le savent pas.
 

Vous avez travaillé sur une version 4 totalement reprogrammée en C++. Quelles ont été les raisons de réécrire le logiciel dans un autre langage?
Quand j'ai commencé il était évident que si LabanWriter avait été un programme important lors de sa sortie, il avait fait son temps et avait besoin d'être rafraîchi. Il y avait quelques erreurs dans la graphie des signes et des limitations de fonctionnalité qui devaient être prises en compte.
Le programme initial avait été écrit en Pascal, un langage standard à l'époque mais dépassé en 1995. De toute évidence le programme devait être réécrit.
J'ai d'abord pensé aux langages C++ et Java, mais Java ne me semblait pas alors assez avancé pour maîtriser les manipulations de polices de caractère que j'envisageais. Etant habitué au cadre de développement et au compilateur C++ pour Macintosh j'ai choisi cette voie. Cela a accéléré le développement et m'a permis d'implémenter beaucoup de choses plus vite qu'avec une autre solution. Il a fallu cependant 4 ans pour réécrire le nouveau logiciel!
Le résultat est un programme de notation qui offre plus d'options et a une interface plus claire. La possibilité d'utiliser le "glisser-déposer" pour importer et exporter des images est importante pour les utilisateurs qui ont besoin de corriger des signes ou de crééer leurs propres signes. Le format de fichier de LabanWriter est un format "texte" ce qui facilite l'échange d'information avec des programmes comme LifeForms. Certains ont même fait de la musique à partir d'informations provenant d'un fichier LabanWriter.
 

La dernière version distribuée date de janvier 2002. Travaillez vous déjà sur une prochaine version? Quelles en seront les nouvelles fonctionnalités?

La dernière version visait surtout à régler des erreurs et à actualiser certains éléments afin que LabanWriter soit le plus standard possible.
Les priorités pour la prochaine version sont: permettre l'impression des repères sur les plans au sol, pouvoir insérer des pages au milieu d'une partition, améliorer les capacités d'exporter une partition vers d'autres formats, faciliter les changements de taille des portées, de manière à ce que les symboles soient bien inclus dans leurs portées respectives.
Nous avons aussi sorti une version de LabanWriter pour Mac OSX, et sommes en train d'en corriger les bugs.
Les nouvelles versions ne doivent pas seulement répondre aux demandes et besoins des utilisateurs, mais aussi suivre les évolutions technologiques de l'informatique.
 

Entretien fait par e-mail, mars 2002, par Marion Bastien